Rechercher dans ce blog

jeudi 10 novembre 2016

Tabac: un arrêt brutal peut vous faire friser la démence

Réduire sa consommation de tabac étape par étape serait le moyen le plus efficace pour espérer un jour écraser sa dernière cigarette, selon une étude menée par des neuroscientifiques.
Si vous comptiez arrêter de fumer, privilégiez la manière douce. Telle est la conclusion d'une étude réalisée par une équipe de chercheurs de l'université de Copenhague, parue dans le Journal of Cerebral Blood Flow and Metabolism, après avoir constaté des effets similaires à ceux de la démence sur le cerveau de participants ayant arrêté le tabac du jour au lendemain.
Les scientifiques, qui ont analysé l'activité cérébrale de 12 fumeurs durant leur premier jour de sevrage, ont constaté qu'après 12 heures sans tabac l'oxygénation et l'afflux sanguin dans le cerveau des participants chutaient en moyenne de 17%. «Les mêmes symptômes sont observés chez les patients atteints de démence», commente le professeur Albert Gjedde, chercheur en neurosciences à l'université de Copenhague et auteur de l'étude.
Pour le spécialiste, ceci serait responsable de la difficulté des fumeurs à arrêter définitivement le tabac. «Contrairement à ce que l'on pensait, ce n'est pas pour retrouver un effet de bien-être provoqué par la cigarette que les fumeurs retombent dans leur addiction, mais simplement parce que les symptômes de manque sont insupportables», avance-t-il avant de comparer les effets de la nicotine à ceux de médicaments addictifs: «Ce qui expliquerait pourquoi le sevrage est aussi difficile pour le tabac que pour les antidépresseurs».

«Contrer les symptômes de manque»

«Ces nouveaux résultats suggèrent qu'il serait plus efficace d'arrêter la cigarette de façon graduelle pour contrer les symptômes de manque», précise le Dr Gjedde, reconnaissant toutefois que des études supplémentaires seront nécessaire pour déterminer le temps dont a besoin le cerveau d'un ancien fumeur pour retrouver son flux sanguin normal. «Cela prend certainement des semaines ou des mois: nous n'avons pour le moment aucune certitude.»
«Un arrêt graduel avec substituts nicotiniques ou cigarettes electroniques est généralement conseillé pour les gens très dépendants», confirme Jacques Le Houezec, conseiller en Santé publique et dépendance tabagique et membre de l'équipe de recherche Addictologie de l'INSERM. Qui nuance cependant: «Les techniques à adopter pour l'arrêt du tabac se font au cas par cas. Pour certaines personnes, il est plus facile d'arrêter du jour au lendemain.»

Source ici

Aucun commentaire: