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mercredi 16 novembre 2016

Les grandes banques françaises derrière le projet d’oléoduc combattu par les Sioux

Ce qui n’aurait pu être qu’un combat isolé et passé sous silence, devient une vraie cause défendue internationalement. La tribu des Sioux de la réserve de Standing Rock, s’oppose depuis des semaines à un projet de construction d’oléoduc qui détruirait leur patrimoine, culturel et naturel. La réalisation d’une telle infrastructure permettrait l’acheminement simplifié du gaz de schiste dans la région, et comme on le sait si bien, argent ne rime pas avec environnement. Des banques du monde entier veulent financer ce projet, et parmi elles, des banques françaises, prêtes à investir des centaines de millions de dollars…

BNP Paribas, Crédit Agricole, Natixis, Société Générale…elles ont toutes engagé de l’argent dans le prêt pour le financement, ou le financement direct des firmes américaines qui portent le projet (Energy Transfer Partners et Energy Transfer Equity). Elles ont toutes affirmé leur désir de participer à la construction du Dakota access pipeline, qui doit traverser la rivière Missouri. Selon les chiffres de l’ONG Food Water Watch, les banques citées ci-dessus se sont engagées à hauteur de :
– 450 millions de dollars pour BNP Paribas
– 350 millions de dollars pour le Crédit Agricole
– 180 millions de dollars pour Natixis
– 120 millions de dollars pour la Société Générale

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Des investissements qui vont à l’encontre des principes de l’association des “Principes de l’Equateur” qui regroupe les banques engagées dans la protection de l’environnement et la gestion des risques sociaux suite à une opération de financement de projet. 78 institutions financières se sont ainsi tenues à respecter des normes et des principes qui ont de près ou de loin, des conséquences sur la planète.
Mais comment peut-on se vanter d’être une société responsable tandis qu’on soutient un projet aussi fou que destructeur, voire criminel ?

Le désengagement des banques est l’une des dernières chances pour les Sioux du Dakota du Sud de voir leur territoire et leur approvisionnement en eau, sauvés. Car malgré la grande mobilisation qui s’observe aux quatre coins du monde pour militer aux côtés de la communauté, seuls les grands acteurs de ce projet ont le pouvoir de concrétiser ou de renoncer à la pipeline.

Concernant la Maison Blanche, maintenant que Donald Trump reprend la main sur tous les gros investissements pétroliers, on ne peut pas espérer un grand retournement de situation. Nous pouvons même redouter le pire. Les alliés économiques du Président, qui ont en partie financé sa campagne sont aussi impliqués dans le projet qui menace la survie des Sioux du Standing Rock… face à Donald Trump et à sa force économique ultra puissante, seules les décisions finales des banques peuvent agir sur la balance. Des regroupements ont lieu pour soutenir les Sioux, lundi dernier à Montréal, quelques centaines de manifestants ont crié leur mécontentement. Trois banques canadiennes ont investi au total 600 millions de dollars, elles aussi. Les banques contre le peuple, c’est le simple résumé de ce combat humain.



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