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jeudi 10 novembre 2016

Composition d'une cigarette

Autrefois constituées uniquement de papier et de tabac, les cigarettes ont depuis les années 60 de plus en plus d’ajouts divers et variés. Au total plus de 4 000 substances chimiques inhalées par la fumée de cigarettes, dont plus de 60 classées cancérigènes par le Comité International de Recherche sur le Cancer. En voici quelques-unes à vous faire pâlir d’angoisse : de l’acétone qui est un dissolvant ; de l’acide cyanhydrique qui était employé autrefois dans les chambres à gaz ; du monoxyde de carbone qui sort des pots d’échappement de nos voitures, du ddt qui est un insecticide tout comme la nicotine ; de l’arsenic, un poison très puissant…
Quant à croire qu'une cigarette « non brûlée » contient moins de substances nocives, certes… mais il reste toutefois 2.500 composés chimiques, dont des pesticides et de nombreux additifs !

Les principaux constituants d’une cigarette:



 Dès qu’on allume une cigarette, une véritable « usine chimique » se met en route.

La fumée de tabac est un aérosol, c'est-à-dire un mélange de gaz et de particules. Ce mélange se forme à une température pouvant atteindre 1 000° à 1 500 °C. La cendre apparaît, tandis que la fumée se forme. C’est à ce moment que les 2 500 composés chimiques contenus dans le tabac non brûlé passent à plus de 4 000 substances dont beaucoup sont toxiques. Parmi ces substances, D. Hoffmann et I. Hoffmann, dans une analyse publiée en novembre 2001 par le National Cancer Institute américain, en ont identifié 64 qui sont cancérigènes.
La fumée se refroidit très rapidement avant d’atteindre la bouche du fumeur. Sa composition n’est pas constante et sa nature varie en fonction du type de tabac, de son mode de séchage, des traitements appliqués, des additifs, etc.
On y retrouve toujours la nicotine, les goudrons et les agents de saveur mais il en existe beaucoup d’autres, telles que des gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d’azote, acide cyanhydrique, ammoniac) et des métaux lourds (cadmium, plomb, chrome, mercure).
La nicotine est la substance (un alcaloïde puissant) qui entraîne la dépendance. Celle-ci est très forte : elle apparaît dès les premières semaines d’exposition et pour une faible consommation de tabac.

 Voir la publication de l’Inserm : Composition chimique du tabac.

Les effets des substances chimiques sur l’organisme

Outre ses effets psychoactifs, la nicotine affecte également le système respiratoire et le système cardio-vasculaire. Certains fabricants ont nié pendant des années le rôle de la nicotine dans la dépendance, prétendant qu’elle était importante pour des raisons de goût. Pourtant, depuis l’ouverture des archives secrètes de l’industrie du tabac qui a suivi les procès de cigarettiers aux États-Unis, on sait que le dosage de la nicotine a été ajusté intentionnellement. Une partie de l’industrie a eu recours à des tabacs génétiquement modifiés et a développé des cultures à haute teneur en nicotine. Mais elle dispose d’autres méthodes pour contrôler le dosage, comme le choix des feuilles de tabac, dont la teneur en nicotine varie en fonction de leur position sur la plante. La nicotine est l’élément addictif de la cigarette, mais ce n’est pas l’élément dangereux : ce sont les 4 000 composés chimiques qui l’accompagnent qui le sont. La nicotine inhalée stimule certains récepteurs des neurones. Des sensations, ressenties comme plaisantes s’associent à la cigarette qui devient alors une solution de mieux-être, de gestion du stress ou des émotions, etc., prenant ainsi racine insidieusement dans le quotidien du fumeur. S’il devient dépendant, ce dernier ne peut plus dire « non » à la cigarette et une fois « piégé » ne peut plus renoncer à fumer sous peine de ressentir des symptômes de manque. Ce phénomène est bien connu des fabricants qui modifient ainsi la composition de la cigarette d’une part pour accélérer l’arrivée de la nicotine au cerveau, créant ainsi une dépendance plus forte, et d’autre part pour rendre la fumée de cigarette apparemment moins agressive.
Les goudrons formés par la combustion du tabac sont responsables des cancers liés au tabagisme et ont aussi un effet nocif sur les tissus et les muqueuses.
Les irritants (acétone, phénols, acide cyanhydrique) qui se forment lors de la combustion attaquent les muqueuses respiratoires, modifient le tapis des bronches et altèrent la protection de leurs parois alvéolaires. Ils affectent donc la capacité de respiration. Combinés aux goudrons, ils entraînent l’inflammation des bronches et la toux.
Le monoxyde de carbone est un gaz toxique formé par la combustion incomplète du carbone. Il a la propriété de se fixer sur l’hémoglobine (protéine qui se trouve à l'intérieur des globules rouges du sang et dont la fonction est le transport du dioxygène dans l'organisme) à la place de l’oxygène, ce qui entraîne un moindre taux d’oxygène dans le sang et au niveau des organes. Moins bien alimentés, ceux-ci ne peuvent travailler efficacement : c’est l’hypoxie (manque d’oxygène). Pour contrer cet effet, la fréquence cardiaque et la pression artérielle augmentent, diminuant la capacité à l’effort et augmentant les risques pour le cœur et les vaisseaux.
Les additifs sont les substances ajoutées au tabac dans la cigarette par les industriels. Les marques les utilisent selon des recettes qu’elles gardent le plus souvent secrètes. Pourtant, cette information est cruciale, car certains additifs soumis à la combustion dégagent de nouveaux composants potentiellement dangereux. Dans certaines cigarettes, l’ammoniac serait utilisé pour faciliter l’inhalation de la fumée sans provoquer de toux et favoriser l’absorption de la nicotine. Il contribuerait ainsi à l’apparition et au maintien de la dépendance. Différents arômes comme la vanille ont été utilisés pour adapter le goût de la cigarette aux jeunes et aux fumeurs débutants, mais les cigarettes ainsi aromatisées, dites « cigarettes bonbons » ont été interdites en France en mars 2009. Le cacao servirait à dilater les voies respiratoires pour offrir à la fumée un accès plus facile aux poumons. Le génol et le menthol ont des vertus adoucissantes sur les voies respiratoires et masquent l’effet irritant de la fumée.

Les cigarettes dites « légères »

La fumée des cigarettes dites « light » ou "légères" est quasiment identique à celle des cigarettes classiques. L’effet « light » repose essentiellement sur la présence de micropores au niveau du filtre. Ces derniers permettent à l’air ambiant de diluer la fumée et de réduire la proportion de goudrons et de nicotine inhalée. L’efficacité de ces filtres est testée sur des machines qui « fument » à un rythme et une puissance constants. Contrairement à la machine, le fumeur dépendant ne dispose ni de chronomètre ni d’appareil pour mesurer le volume des bouffées qu’il inspire. Par contre, il est inconsciemment à la recherche d’une dose précise de nicotine. Lorsqu’il passe à une cigarette « légère », il apprend très rapidement à prendre des bouffées plus grandes de fumée diluée, et la light se transforme en classique. Il ne reste que le goût plus « léger » (du fait de la dilution) et la fausse impression d’une diminution des risques… C’est pour cette raison qu’en septembre 2003, les appellations « light », « légères » ou « mild » ont été interdites. 

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