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samedi 24 octobre 2015

Russie : De la Vodka au Thé !



Au XVIè siècle...

La Russie impériale découvre le thé en 1638, lorsqu’un ambassadeur russe ramène au tsar Mikhaïl Fedorovitch du thé offert par un prince mongol. Le succès est immédiat à la cour.
En 1679, la Russie signe un accord avec la Chine concernant la fourniture permanente de thé. A partir de cette date-là, le thé devient une denrée d’importation régulière.
Le thé arrive par caravane, par voie de terre et surtout par voie fluviale et n’est disponible que dans quelques villes, notamment Moscou, ville dans laquelle les moscovites y sont surnommés les « buveurs d’eau ».
Pourtant, dans le pays, l’heure est encore à la vodka ! Aussi, il faudra attendre deux siècles pour que l’usage du thé se généralise. 

Puis au XIXè siècle...

Le thé se répand dans tout l’empire et même jusqu’au sein de villages très reculés. Il devient populaire à partir du milieu du XIXème siècle, quand les plantations de thé font leur apparition en Géorgie et que le prix du thé devînt plus abordable.
Le thé prend alors une place centrale dans la vie russe. Il est consommé en grande quantité : 10 à 12 tasses par jour en remplacement de l’eau. Ainsi, c’est parfois son taux qui fixe le prix des autres marchandises sur les foires. Ce taux est même à l’origine d’une expression : « na tchaî » qui signifie « pourboire » et qui peut être traduit littéralement par : « pour le thé ».
C’est aussi à cette époque qu’apparaît le samovar. Ce récipient est le successeur des bouilloires mongoles. Il est considéré comme l’âme de la maison.



Et enfin, aujourd’hui...

De nos jours, la production de thé en Géorgie est très importante. Même si elle n’est pas suffisante au vue de l’énorme demande,  sa qualité est relativement médiocre. 
Actuellement, la Russie reste l’un des principaux acheteurs de thé, notamment en Inde et à Ceylan.


Le thé, un symbole de l’hospitalité russe
Le thé est consommé tout au long de la journée et partout : de nos jours, dans le transsibérien, un samovar est à la disposition de tous. De même, dans toutes les gares, un grand récipient, le kipjatok, fournit de l’eau chaude, pour une somme modique.
Les russes boivent du thé noir ou du thé vert. Ils le préfèrent sans lait.
Au début du siècle, la réunion autour d’une tasse de thé était une réunion intime et familiale. Par la suite, cette réunion chaleureuse est devenue l’occasion d’un rassemblement social plus officiel.
Aujourd’hui, la tendance s’est inversée : les russes préférant les cérémonies familiales des origines.
Les hommes utilisent des verres sans pieds avec des porte-verres en métal ou parfois en
argent ciselé
. Quant aux femmes, elles utilisent des tasses en porcelaine.
Datcha
Le thé peut être accompagné d’une cuillère de confiture, éventuellement versée dans le thé ou directement posée dans la bouche avant chaque gorgée de thé. Le thé peut également s’accompagner d’un morceau de sucre non raffiné, qui sera coincé entre les dents pour filtrer le thé.
Samovar
Autour du Samovar...
 Le thé, en Russie, est indissociable du samovar. Inventé au début du XVIIIe siècle dans l'Oural, cet objet, destiné à préparer le thé, ne s'est vraiment répandu qu'en même temps que la démocratisation du thé. Source de chaleur autour de laquelle se réunit la famille, le samovar est une sorte de grande bouilloire qui permet de maintenir plusieurs litres d'eau à la bonne température pour préparer le thé. 


Lors de ces réunions, le samovar est l’invité d’honneur. Ce récipient a été inventé au début du XVIIème siècle avant de se répandre avec la démocratisation du thé.
Il est en cuivre ou en bronze la plupart du temps. Cependant, il peut être en porcelaine ou encore en or. Il sert tout simplement à conserver l’eau au chaud.

Le samovar est constitué d'un foyer, d'un grand récipient évidé en son centre et d'une cheminée. Dans le foyer, un brasier de charbon de bois est préparé et sert à chauffer l'air qui se trouve dans la cheminée qui le surmonte : ce système permet d'amener et de maintenir l'eau à une température constante. La forme du samovar est étudiée de façon à ce que l'on puisse entendre les différents stades de l'ébullition de l'eau : elle commence par « chanter », puis
« bruire » et enfin « gronder comme la tempête ». C'est lorsque l'eau bruit, qu'elle est prête.
Le samovar fait un léger bruit qu’un grand nombre d’écrivains russes ont évoqué dans leur ouvrages. Le samovar est chargé de symboles : il représente la douceur du foyer russe.
Un robinet, placé sur la paroi extérieure, permet de remplir aisément tasses et théières. La théière, dans laquelle un extrait de thé très concentré est préparé, est posée au-dessus de la cheminée, et est ainsi maintenue au chaud. Pour se servir, chacun verse dans sa tasse un fond de thé, qu'il rallonge d'eau chaude. Pour refroidir la liqueur, il arrive souvent que la tasse elle-même soit vidée dans une soucoupe et que l'on boive le thé directement dans ce deuxième récipient.
Le thé est très présent dans la société russe et a même donné des expressions idiomatiques courantes : « pourboire » se dit, par exemple, na tchaï qui signifie « pour le thé ». Sur le plan social, la réunion autour d'une tasse de thé a revêtu diverses significations : de caractère intime et familial à l'origine, cette réunion est devenue par la suite un acte très socialisé dont la dimension mondaine et officielle occultait complètement la chaleur et le bien-être.

Aujourd'hui, boire un thé autour du samovar, c'est accomplir un geste convivial et chaleureux, comparable aux réunions familiales originelles, dont on peut trouver des descriptions dans toute la littérature russe du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C'est un instant de partage, au sein de la communauté, pendant lequel tout le monde s'arrête un moment pour jouir du foyer et de la présence de chacun. 




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