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samedi 24 octobre 2015

Au japon, le thé est un art

 

Thés du Japon

Le thé japonais est exclusivement du thé vert. Contrairement aux autres thés verts, le thé vert japonais subit une torréfaction spéciale, avec de la vapeur d'eau. Les principaux thés japonais sont les Sencha, Bancha, Tamaryokucha et Gyokuro. Certains thés du Japon sont préparés avec un luxe de soins dont seuls les japonais sont capables.

 Le thé dispose, au Japon, d'une dimension cultuelle très forte. Plus qu'un art de vivre, c'est un culte fondé sur l'admiration du Beau parmi les vulgarités de l'existence quotidienne. Cette philosophie se traduit par une cérémonie extrêmement codifiée, le "Cha No Yu", qui se déroule dans un lieu précis et dont chaque geste doit être soigneusement observé.
 


Contempler la beauté véritable

Cha No YuDans un pavillon, généralement situé dans un endroit ombragé du jardin et réservé à cet usage, qui comprend une chambre de thé et une salle de préparation, cinq personnes au maximum participent à la cérémonie. Plus petit que les maisons traditionnelles, ce pavillon doit donner l'impression d'une pauvreté raffinée, le dépouillement étant pour les Japonais l'expression de la beauté véritable. 

Développé vers la fin du XVe siècle sous l'influence du bouddhisme zen, ce cérémonial philosophique invite l'homme à se purifier en s'unissant à la nature. C'est pourquoi, l'allée qui mène au pavillon passe au milieu des arbres et des fleurs et permet au visiteur d'accéder au premier stade de la méditation. Rien n'est d'ailleurs laissé au hasard : décor, mets, sujets de conversation, etc. Un grand respect est porté aux geishas qui maîtrisent parfaitement le moindre détail de la cérémonie.


Au départ, une collation légère est servie et est suivie d'une courte pause. Vient ensuite le Goza Iri, moment central de la cérémonie, au cours duquel est d'abord servi un thé épais, Koïcha, puis un thé léger, Usucha. Diverses purifications et civilités d'usage ont lieu jusqu'à ce que l'hôte frappe cinq coups sur un gong. Après une suite de gestes minutieux, il verse pour chaque invité trois cuillérées de Matcha dans un bol, puise une louche d'eau chaude et bat la mixture avec un fouet en bambou jusqu'à obtenir un liquide épais. Le bol est posé près du foyer et l'invité d'honneur s'approche à genoux. Il boit alors trois gorgées et, après la première, formule des compliments sur le goût du thé. Ensuite, il essuie l'endroit touché par ses lèvres avec le papier Kaïshi, qu'il a amené avec lui, et passe le bol au second invité, qui procède de même et ainsi de suite. Le dernier rend le bol au premier, qui le tend à l'hôte.


Un concentré d'art de vivre

Les différentes phases du Cha No Yu ont été prépondérantes dans le développement de l'architecture, de la science des jardins, des aménagements paysagers, de la porcelaine ou de l'art floral japonais. Chaque étape implique en effet une adhésion esthétique dans des domaines très divers. Il s'agit, par exemple, d'apprécier les ustensiles nécessaires à la cérémonie : le bol, la boîte, la louche, le fouet, souvent de véritables objets d'art. Mais de savoir également goûter les décorations prévues, telles que le Kakemono, peinture verticale sur rouleau, le Chabana, arrangement de fleurs conçu pour la circonstance, ou encore l'harmonie des pentes des toits de la chambre de thé.


Par ailleurs l'étiquette minutieuse, observée lors de la cérémonie, a influencé fondamentalement le savoir-vivre japonais. S'intéresser à cet art séculaire, destiné à donner grâce et manières raffinées à ceux qui l'observent, est une des clés d'accès à la compréhension de la société japonaise.


Cha No Yu

Le kyusu

Le kyusu est une théière en terre ou en porcelaine, traditionnellement utilisé pour préparer les thés verts du Japon, en particulier les Gyokuro, Sencha ou Tamaryokucha.

Le poêlon 

KyusuÉgalement connu sous le nom de poêlon japonais, le kyusu est équipé d'une grille en métal intégrée au bec verseur qui retient les feuilles de thé lors du service. Les feuilles ne sont pas gênées par un filtre et les arômes peuvent pleinement se développer.
La contenance du poêlon est généralement de 36 cl, mais il n'est pas rare de se limiter à des volumes de 10 ou 20 cl pour des thés de grande qualité. Les tasses utilisées sont de petites tailles et ne contiennent qu'une dizaine de centilitres. Un pot Yuzamashi peut également être utilisé pour refroidir l'eau avant de la verser sur les feuilles.


2 façons d'utiliser le kyusu

  • Comme une théière classique : avec le même dosage et la même durée d'infusion.
Cette utilisation est idéale pour préparer du thé en petite quantité pour une dégustation qualitative et une manipulation agréable de la théière.
  • À la japonaise : le thé peut être infusé plusieurs fois.
Pour cette utilisation, laisser infuser 2 minutes pour la première infusion, 1 minute 30 pour la seconde infusion et 1 minute pour la troisième infusion.

Comment utiliser le kyusu à la japonaise

  • Préparez les accessoires : 1 poêlon, 3 tasses, la boite à thé et la mesure à thé
  • Chauffez de l'eau dans une bouilloire à une température légèrement inférieure à son point d'ébullition
  • Mettez les feuilles de thé dans le poêlon
  • Remplissez 2 tasses d'eau chaude pour la préparation d'un Sencha ou 1 tasse pour la préparation d'un Gyokuro
  • Refroidissez l'eau en la transvasant de tasse en tasse à l'aide de la tasse vide restante. À chaque opération, on abaisse la température de l'eau de 10°C environ. Cela permet d'obtenir une eau à bonne température.
  • Versez le contenu des tasses sur les feuilles une fois que l'eau est à la température voulue
  • Laissez infuser
  • Versez le contenu du kyusu dans les 3 tasses
  • Renouvelez ce procédé en réduisant la durée d'infusion d'un tiers à chaque nouveau service


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