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samedi 18 juillet 2015

La légende du Veau d'or.( Photo + texte de la legende).




le veau d'or


Les objets enfouis : Les trésors cachés


Les légendes de trésors cachés sont, en Ardenne, assez fréquentes et se rattachent à des sites bien précis. Parmi eux, on trouve surtout des puits de châteaux forts ruinés ou de villages disparus, voire des étangs et des marécages. Le diable et les nutons sont les gardiens occasionnels de ces magots. Plus souvent, ce rôle revient à un animal au pouvoir démoniaque (chèvre, veau, coq...), lequel se confond parfois avec le trésor lui-même. Pour s'emparer de ces richesses, il fallait y aller la nuit et ne pas parler durant toute l'opération, sinon on courait à un échec certain. Mais, dans tous les récits, cette condition n'est jamais respectée, et le trésor échappe toujours à la rapacité des chercheurs.

Le Trésor de Saint-Martin


Entre Bovigny et Beho, le Mont Saint-Martin (1) est sommé d'une petite chapelle construite en 1850 et consacrée à Notre-Dame des Malades. Autrefois, cette colline était le siège d'une église paroissiale dont on a retrouvé des vestiges à l'emplacement même de la chapelle actuelle. Certains soubassements de cet édifice datent du haut Moyen Age.

D'après la tradition, un village prospère, appelé Saint-Martin, s'étendait jadis au pied du mont. A une époque indéterminée, cette localité fut dévastée par des bandes de pillards, auxquels la population donna le nom de «Sarrasins». Mais, à l'approche de l'envahisseur, les villageois avaient eu soin de cacher un grand coffre rempli d'or, de même que les cloches de leur église, dans une fange voisine. Comme pour tous les trésors sans maître, la garde de celui-ci revint à Satan, et toutes les tentatives faites pour le lui arracher furent vaines.

Or, un jour, un curé de Bovigny voulut s'emparer du trésor. Pour cette entreprise, il recruta deux hommes déterminés, auxquels il recommanda de ne pas parler pendant toute l'opération. Arrivés peu avant minuit auprès de la fange, les deux recrues écoutèrent le curé débiter ses conjurations. Mais Satan, qui n'était pas d'humeur à se laisser dépouiller, essaya par tous les moyens d'intimider ses adversaires. Aussi dépêcha-t-il sur eux d'abord un ouragan infernal, puis un taureau menaçant, et enfin du feu et des flammes. Effrayés mais confiants dans les exorcismes du prêtre, les deux recrues ne lâchèrent ni les bouts de son étole ni leur torche.

Finalement, les conjurations faisant leur effet, la vase se mit à bouillonner, et le trésor fit surface. Le succès paraissait assuré lorsqu'un des hommes, croyant l'opération terminée, s'écria : « Enfin nous le tenons ! » Le malheureux avait parlé trop tôt ; le précieux coffre leur échappa et disparut à jamais. Quant aux trois compères, roués de coups par des mains invisibles, ils eurent toutes les peines du monde à regagner leur logis.

Le Veau d'or de Liresse


En dessous de Rochehaut, sur un affluent de la Semois, les ruines du Château de Liresse occupent un promontoire escarpé et boisé. Selon la légende, ce castel était autrefois habité par des païens qui y adoraient un veau d'or. Converti à la nouvelle religion, le châtelain se débarrassa de son idole en la jetant dans le puits profond qui s'ouvre à l'intérieur du donjon.
Ruines du château de Liresse
Ruines du château de Liresse (commune de Vivy), photo d'André Pilloy.
La mention la plus ancienne du château apparaît dans un texte d'archives de
l'abbaye de Saint-Hubert, datant de la seconde moitié du XIe siècle.
Les bases du donjon, en arête de poisson, sont typiques de l'époque
gallo-romaine. Le donjon de 26m. sur 13 m. abrite un puit de 13 m.
de profondeur. Il renferme la légende de la Gatte d'Or.

Au début du XIXe siècle, le propriétaire des ruines, stimulé par la légende, fit déblayer le puits. Mais la récolte fut mince : quelques fragments de bois de cerfs et un squelette humain. Alors le propriétaire eut recours à des procédés magiques usités dans la recherche des trésors enfouis. Il supporta même les frais de voyage et de séjour d'un enchanteur qui procéda avec une baguette de coudrier et un cierge béni ayant servi à veiller un mort. Mais, lassé de son insuccès, le propriétaire finit par abandonner les recherches.

Quelque temps plus tard, un curé de Poupehan, qui présentait des signes de dérangement cérébral, se rendit un jour en procession jusqu'à Liresse pour exorciser le veau d'or et s'en emparer. Mais de cette expédition, il revint bredouille et fut envahi, pendant plusieurs semaines, par de petites bestioles noires, d'une faune inconnue dans le pays, et dont il eut bien du mal à se défaire.

A l'extrémité du promontoire occupé par les ruines du château fort, une petite chapelle (1856), dédiée à la Très Sainte Vierge, a joui pendant quelques années d'une certaine notoriété, puis fut oubliée.

L'Etang de Bilaude


En pleine forêt de Saint-Hubert, le vieux chemin de Mochamps à Laneuville passait à proximité de l'Etang de Bilaude

Ce vivier, insondable et noir (couleur qu'il devait à la nature ferrugineuse de ses eaux), appartenait à l'abbaye de Saint-Hubert. Jusqu'au siècle dernier, les vieilles gens des environs se signaient quand on évoquait devant eux ce lieu maudit et racontaient qu'un trésor y était enfoui. 
Un grand bouc aux yeux et à la bouche de feu gardait le magot et se ruait sur toute personne assez téméraire pour vouloir s'en emparer.


D'après une autre source, ce trésor était contenu dans un coffre, lequel était parfaitement visible au fond de l'étang. On pouvait même s'en saisir et l'attirer à soi. 

Mais lorsqu'on croyait bien le tenir, de petits diables surgissaient et ramenaient le coffre dans son trou. Pour posséder ce trésor, il fallait prononcer certaines paroles. Si les derniers mots étaient mal dits, l'entreprise échouait.


Naguère, un charbonnier qui avait perdu son bœuf, le retrouva près de l'étang de Bilaude. 
Comme il voulait lui passer le joug, la bête, d'ordinaire docile, le menaça de ses cornes. 

Effrayé, l'homme fit le signe de la croix. Sur ce, le bœuf recula et, après une galopade furieuse, se précipita dans l'étang. L'eau se mit alors à bouillonner, à déferler, si fort que la digue finit par être rompue. Depuis lors, toutes tentatives pour la réparer furent vaines. Aujourd'hui, Bilaude n'est plus qu'un marais planté de conifères, et on n'entend plus parler de rien.


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