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jeudi 11 juin 2015

Le jeune Anonymous arrêté répond à l’État français par un poème



Le jeune Anonymous arrêté répond à l’État français par un poème

I am who I am | Anonymous ART of Revolution
 
Le 8 avril dernier, à 06h00 du matin, un jeune français de 19 ans était arrêté à son domicile. Son crime, être soupçonné d’avoir participé à des attaques informatiques contre des sites institutionnels dans le but de dénoncer la politique d’enfouissement des déchets nucléaires et le meurtre de Rémi Fraisse. Acculé, il nous dévoile sa personnalité cachée derrière le masque à travers un poème rédigé peu après son arrestation.

Connu sous le pseudonyme de journaliste liberty ou de Boby sur IRC, administrateur de la chaîne Youtube Anonymous France et auteur de nombreuses vidéos contre Monsanto, TAFTA, le génocide au Congo ou encore le barrage de Sivens, ce jeune garçon risque aujourd’hui 10 ans de prison et/ou 150 000 euros d’amende. Un jugement particulièrement attendu car la privation de liberté du jeune homme symboliserait une fois de plus la dérive sécuritaire observée en France, notamment par la criminalisation des mouvements sociaux alternatifs sur internet.


Mais derrière le masque de cet Anonymous, que certains tentent d’assimiler grossièrement à de cyber-terroristes, il y a un jeune garçon sortant à peine de l’adolescence, plein de rêves et d’idéaux en tête, amoureux d’écriture et de poésie. Fidèle lecteur de Mr Mondialisation, Boby nous a fait livrer deux de ses poèmes qui révèlent son humanité et sa simplicité.

Avec son accord, nous les partageons avec vous.



anonymous

La nuit de l’attente

Dans la nuit de l’attente, qui s’étend sur mes jours, L’insomnie y enfante, la souffrance au séjour. Ces minutes, ces semaines, où l’unique pensée, Est la chute, et la peine, qui seront prononcées.
C’est peut-être la peur, qui effrite mon âme, Cette crainte qu’en ma fleur, mes pétales ne se fanent. Est-ce déjà le moment, de libérer mes graines, Si prématurément, pour que d’autres les reprennent.
Qu’ils attisent ce combat, de garder allumer, En chacun de nos pas, le flambeau des idées; Pour éclairer nos ombres, d’où s’élèvent ces grands rois, Tyrans de la pénombre, qui éteignent notre voix.
Oui, gardons le courage, même si quand on l’éclaire, Le tyran met en cage, il faut voir la lumière. Celle qui brille en chacun, à travers les barreaux, Pour qu’envers son prochain, on ne soit un bourreau.

Je m’efface en l’attente

Sensation si étrange, je me vois disparaître, Invisible comme l’ange, sans sa joie, sans mon être. Il n’y a plus la vie, on m’enlève mon combat, Le futur s’assombrit, oui je crève loin de moi.
Et l’on a pris mes armes, dois-je attendre jugement, Qui condamnera l’âme, à s’éteindre pour longtemps ? Restera-t-il des braises, en dessous de mes cendres, C’est au bord des falaises, que l’on ose se descendre.
Car ici c’est l’argent, qui est roi des justices, Je ne chante plus ce chant, qui attise les supplices; Sur ces autres qu’on ignore, comme chacun d’entre nous, Nous n’avons qu’un seul tort, celui d’être à genoux.
Consommant son prochain, se consume en nous même, L’espérance d’un destin, sans l’enclume des peines. Marteau de l’ignorance, vient enfoncer le clou, De nos fausses connaissances, qui nous rendent aussi fous.
Fous de croire que l’on est, plus important que lui, Lui qui marche à côté, que l’on croise dans la nuit. Nuit qui gagne nos cœurs, sur l’ardoise de nos vies, Où s’efface l’ardeur, d’y laisser notre écrit.


Plus surprenant, l’Anonymous de 19 ans n’est pas accusé d’avoir réalisé ces attaques mais d’avoir participé à l’organisation de l’opération, fait réprimé par l’art 323-4 du code pénal. En outre, le parquet a retenu la circonstance aggravante car les faits auraient été commis en « bande organisée », ce qui double la peine encourue. Elle se totaliserait donc à 10 ans de prison et 150 000 € d’amende pour de la « simple » communication sur internet (et réalisation de vidéos). Dès lors une question se pose : les sites qui parlent des opérations d’Anonymous sont-ils sujets à des poursuites ? Par corolaire, doit-on s’auto-censurer en tant qu’utilisateurs, blogueurs et journalistes ?


MAJ – 11 juin 2015 : Le jugement a été reporté au 9 novembre à 9 h à la cité judiciaire de Nancy.

 À 4 jours près, on manquait une date très symbolique… On s’attend à une forte mobilisation pour défendre le jeune homme.




 



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